Sciences humaines et sociales

0522LEO-EG-LSH•MFL.1DC

Paru le:  01-10-2021

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-427-8

Ean:  9782363924278

Prix:  12 €

Caractéristiques: 
86 pages

Genre:  Sciences Humaines

Thème:  Scienceshumaines

Thèmes associés: 

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Le sentiment d’humanité

Manifeste pour une femme libre

Une humanité qui rabat ses ailes et oublie de redresser la tête ; un monde clos qui de verbiage en logorrhée se fait mutique ; une terre repliée sur elle-même qui s’effondre peu à peu à force de courber l’échine : mais tu es vivante, toi

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Elsa Godart est directrice de recherche en philosophie et en psychana- lyse. Elle est chercheuse permanente au Laboratoire Interdisciplinaire d’Étude du Politique Hannah Arendt (LIPHA) à l’université Gustave-Eiffel. Elle a créé et dirige le D.U. « Éthique&Numérique » à l’université Paris-Créteil. Elle est l’autrice de plus d’une vingtaine de livres dont l’Éthique de la sincérité, (Armand Colin) pour lequel elle a reçu le prix des Savoirs 2020.

Noir. Noir comme l’intérieur d’un ventre. Noir comme la fin du monde. Noir comme la mort : tu es née lumière. Dans un monde qui se déchire l’impalpable vérité et qui se fissure de part en part, tu as surgi comme une évidence. Noir. Ton premier regard dit qu’il fait noir. Mais tu es vivante, toi et tu le cries. Tu te débats pour refuser une réalité qui ne t’appartient pas. Tu es en chair et en corps, tu es pensée pure et élan du cœur : tu es née fille, femme.

« Mon enfant, ma fille, qu’est-ce qu’être humaine dans un monde déshumanisé ? Mon enfant, ma fille, qu’est-ce qu’être vivant dans un monde pétrifié ?
Toi, mon enfant, ma fille, tu es vivante, et tu le cries. Toi, mon enfant, ma fille, tu es humaine et tu le dis.
Être humaine, mon enfant, ma fille, c’est aimer là où on voudrait que tu aies peur ; c’est transformer la haine en mots ; et les coups en larmes. C’est contre toute violence à l’endroit de la fille, de la femme, être capable d’imposer la douceur. C’est conquérir la tendresse et la douceur, là où il n’y a que mépris et agression. C’est avoir la force du pardon quand nous n’aurions que le goût de la vengeance. C’est dire non, – parfois au prix de la vie – quand on te force à dire oui. Perdre sa vie peut être mieux que perdre son nom.