Essais littéraires

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Paru le:  15-11-2026

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-714-9

Ean:  9782363927149

Prix:  20 €

Caractéristiques: 
276 pages

Genre:  Essai

Thème:  Essais

Thèmes associés: 

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L’étoffe des jours

L’Eternel Retour, l’Hier de Demain

Au final, la crise, en tant qu’elle bouleverse l’ordre établi de contrôle des risques acceptables, oblige à prendre une décision qui a pour objet d’assumer une perte et de définir ce qu’il faut préserver.
Laurence Vanin-NB
Laurence Vanin est Chercheure au Centre de Recherche de la Gendarmerie Nationale à l’Académie Militaire de la GN où elle dirige la Chaire ÉCOT « Éthique des Crises, des Organisations pour les Territoires ». Elle est LCL (RC). Elle est docteur en Philosophie Politique et Épistémologie. Habilitée à diriger les recherches sur l’Éthique des relations aux objets connectés et aux robots. Chercheure associée au Laboratoire ETIS, UMR 8051, CNRS, ENSEA, CY Cergy Paris Université. Elle a publié plus de vingt-cinq ouvrages.
Souvent les hommes projettent sur le temps une valeur proprement humaine : « Prendre du bon temps », « perdre son temps », «  la fuite du temps » ; et l’épreuve sensible immédiate, à la fois affective et bouleversante, incline alors à un discours presque simplificateur, souvent nostalgique, sur un temps conçu comme ce qui scelle le tragique ou le pathétique d’une condition humaine vouée à la finitude. Le paradoxe tient dès lors à ceci : il paraît difficile de dire l’étoffe du temps, et, le plus souvent, les hommes se contentent d’en proposer des descriptions — mesurables, chronologiques ou phénoménologiques — qui demeurent nécessairement incomplètes. Or une représentation, qui privilégie un temps essentiellement linéaire, ne rend pas adéquatement compte du caractère cyclique ou rythmé de certaines manifestations (notamment naturelles) ; pas davantage des retours du passé, ses résurgences par la médiation de la mémoire, ni des projets et anticipations que l’imagination élabore en vue d’un « à-venir ». L’embarras réside plus spécifiquement dans l’aporie consistant à conférer une inconsistance au temps proprement humain face à la perfection ontologique de l’éternité. Il s’agit —  dans cet ouvrage —  de situer cette ontologie dans l’homme, plutôt que de la rapporter à une entité extérieure, rendue visible par l’instrument de mesure, mais incapable de coïncider avec l’intériorisation d’un temps intuitionné au cœur de l’être, en pleine étance.
« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me pose la question, je sais ; si quelqu’un pose la question et que je veuille l’expliquer, je ne sais plus ». Cette formule de Saint Augustin témoigne de l’embarras à définir le temps, ce temps dont nous sentons au fil des ans qu’il constitue l’étoffe de nos jours. Nous éprouvons immédiatement la tension entre l’expérience d’un temps vécu et l’incapacité où nous sommes d’en rendre compte par une élaboration conceptuelle pleinement assurée.
Essais littérairesSous la direction de Vanesse Douet-Vannuci