A paraître

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Paru le:  31-10-2016

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-136-9

Ean:  9782393621369

Prix:  40 €

Caractéristiques: 
760 pages

Genre:  Philosophie

Thème:  Philosophie

Thèmes associés: 

Spinoza & la liberté

L'œuvre majeure de Spinoza ressemble à une forteresse scolastique ceinturée de barbelés, peu avenante pour le latiniste.

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Alexis Philonenko est un historien de la philosophie, né en France en 1932. Il est spécialiste de philosophie allemande. Ses ouvrages sont publiés depuis plus de 60 ans chez Vrin et les Belles lettres. Il a enseigné aux universités de Rouen et de Genève. de. Ses ouvrages sont publiés depuis plus de 60 ans chez Vrin et les Belles lettres. Il a enseigné aux universités de Rouen et de Genève.

Spinoza connut un curieux destin, car, parmi les très grands philosophes, il fut peut-être le seul à ne jouir que d’une gloire posthume, tandis que les « autres » voyaient leurs œuvres publiées et republiées. C’est ainsi qu’au XIIIe siècle, il glissait dans l’oubli – n’ayant même plus, comme à Amsterdam, le cercle étroit et chaleureux d’amis pour l’entourer et le consoler. Vers les années 1750, on ne trouvait plus à acheter en Allemagne chez les libraires un exemplaire de son traité majeur : l’Éthique. On pouvait sans doute le consulter dans quelques bibliothèques, mais ce faisant on était « mal vu ». Quant à demander des explications sur ce formidable château cerné par des douves profondes, des barbelés, des remparts puissants, il n’y fallait pas songer – d’abord parce que l’on ne pouvait attendre des lumières d’un conservateur qui n’avait jamais ouvert l’Éthique – et ensuite parce que, de toute manière, on n’y comprenait rien.

La plus solide objection que l’on puisse faire à la science, c’est encore l’ignorance soutenue par la raison paresseuse. De plus, l’Éthique était rédigée en latin, et le grand Leibniz avait entrevu le déclin de la langue latine et jugeait chaque année son recul dans les « consciences savantes ». On estimait en deux façons le « latin » de Spinoza, et il y avait déjà les puristes qui éprouvaient devant ce « bousillage » un senti- ment d’horreur décidé. Cette race de critiques n’a pas disparu, tandis que la gloire de Virgile ne s’est jamais éteinte. Cicéron et tutti quanti, c’est aussi du « beau latin » ; ensuite il y avait la race des « bâtisseurs » qui admiraient l’architecture latine du traité de Spinoza. Ce dernier n’a pas facilité la tâche des lecteurs. Il connaissait non seulement le latin et le grec, mais aussi l’hébreu et l’arabe (d’Averroès).

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