CollectionsJ'ai envie de vous direLa jeune fille de la ferme
0480LEO-JPM-ACA-1DC

Paru le:  30-10-2020

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-385-1

Ean:  9782363923851

Prix:  20 €

Caractéristiques: 
372 pages

Genre:  Littérature générale

Thème:  Romansdegenre

Thèmes associés: 

0480LEO-JPM-ACA-4DC

Années Camus

Qualis Artifex Pereo (quel artiste le monde va perdre avec moi.)

JPM-Photo-NB

Né à Mostaganem en 1927, Jean-Pierre Millecam a consacré toute son œuvre, écrite durant plus d’un demi-siècle, à l’Algérie et au Maroc, dont il est l’un des témoins historique. Professeur, il publie son premier roman, en 1951, sous les auspices d’Albert Camus, Hector et le Monstre, chez Gallimard. Plusieurs de ses titres seront, par la suite, sélectionnés pour des prix (Fémina, Goncourt, Renaudot...). Certains critiques littéraires lui ont également prédit le Nobel.

J’ ai trois meurtres sur la conscience. Le premier est celui d’un jeune lapereau. Il m’avait été confié par une camarade de lettres qui le tenait d’un fellah. L’homme, pour capturer l’animal, s’était jeté sur lui de toute sa hauteur: il l’avait blessé. C’est ce que je constatai lorsque ma camarade se fut éclipsée en compagnie d’autres stagiaires pour une randonnée le long de la Chiffa. J’étais seul avec le petit lièvre dans l’hôtel du gouvernement général. Je me pris à le cajoler et constatai que ses côtes, brisées, lui permettaient mal de respirer. Je cherchai de quoi lui couper le souffle et ne trouvai qu’un cintre: je débarrassai l’objet de son vêtement.

«À l’époque où il lut le manuscrit d’Hector, Albert Camus était aux prises avec l’une de ses œuvres majeures: L’Homme révolté. Peut-être que mon roman, qui sentait le soufre, lui sembla épouser la ligne qu’il développait tout au long de ce vaste essai. Il y retrouvait non seulement le train-train d’une Algérie coloniale ignorant son destin, mais, à travers ce semblant d’innocence, le malaise inspiré par de jeunes voyous qu’une sorte de fatalité, sous la splendeur des nuages et des roseaux dansant leur pavane, conduirait à trancher les mains à un pianiste avant de le débiter en morceaux. L’horreur de l’acte, la splendeur du décor et du Temps bondissant de seconde en seconde, tout cela était donné à la fois. Les personnages n’en avaient aucune conscience.