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25-ME-Au-Origine-E-1DC

Paru le:  10-06-2009

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-915741-29-2

Ean:  9782915741292

Prix:  25 €

Caractéristiques: 
223 pages

Genre:  Psychologie

Thème:  Psychologie

Thèmes associés: 

25-ME-Au-Origine-E-4DC

Aux origines de l'empathie

fondements & fondateurs

Qu’en est-il donc de l’empathie dont traite l’esthétique psychologique qui nous occupe ?

Maurice-Elie-NB

Maître de conférences honoraire à l'Université de Nice-Sophia Antipolis. Il est l'auteur d'ouvrages portant sur la théorie des couleurs, traducteur de textes de Goethe et de Schopenhauer, et co-traducteur d'ouvrages tels que Procès et réalité d'A. N. Whitehead (Gallimard, 1995) ou les recherches philosophiques de L. Wittgenstein (Gallimard, 2004).

Pour comprendre l'empathie, l'auteur recentre sa réflexion sur l'esthétique et le sensible, et cherche à l'ouvrir à toutes les formes du sentir, que l'objet soit une oeuvre d'art, un objet naturel ou artificiel, un évènement. Avec les traductions de textes de T. Lipps, J. Volklet, W. Worringer relatifs à ce sujet.

Empathie signifie en premier lieu que ce que je ressens par empathie, comme par exemple de la force, de la joie ou de la nostalgie, n'est rien de visible ou d'audible, en un mot, rien de perceptible par les sens, et que je ne puis vivre ou ressentir tout cela qu'en moi-même. Et cela signifie malgré tout que je trouve ce que je ressens dans les choses en dehors de moi, que je trouve par exemple la fureur ou la menace dans la tempête.
Il nous suffit maintenant de rassembler ces deux choses pour avoir tout le sens de l'empathie. Si en fait je ne puis ressentir ce qu'expriment par exemple les mots de fureur et de menace, si je ne puis le voir ou l'entendre, mais que je le trouve néanmoins dans un objet sensible, je me retrouve nécessairement dans cet objet. J'y vis ou je m'y sens moi-même.
Qu'il existe une telle empathie, que ce que je ne puis sentir qu'en moi-même, qui est trouvé ou senti puisse l'être en un autre ; ou en l'exprimant de façon quelque peu différente, qu'une chose semblable pour moi puisse se trouver, ou que ce qui est pour ma conscience, puisse être lié ou appartenir à un perçu sensible, cela est assurément un fait merveilleux.
Recentrer l'esthétique sur le sensible et le sentir, comme y invitait Valéry, c'est l'ouvrir à toutes les formes du sentir, que son objet soit une oeuvre d'art, un objet naturel ou artificiel, un événement ou une expérience. Un tel recentrage de l'esthétique sur l'aisthésis permettrait de réinvestir ces intuitions oubliées concernant l'empathie, de les poursuivre et de les élaborer. Le présent ouvrage n'aurait alors pas seulement le mérite de mettre à jour un pan de l'histoire des idées jusque-là plongé dans l'ombre, mais encore de féconder la recherche présente en esthétique.