CollectionsAu-delà des apparencesPhilosophie Alimentation
0357LEO-KS-PEA-1DC

Paru le:  25-06-2018

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-261-8

Ean:  9782363922618

Prix:  20 €

Caractéristiques: 
274 pages

Genre:  Philosophie

Thème:  Philosophie

Thèmes associés: 

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Philosophie Alimentation

La conscience de bien manger

Les mangeurs raisonnent selon ce que les anthropologues ont nommé la « pensée magique », à savoir une tendance universelle à rechercher des relations symboliques et significatives entre les objets et les événements.

Kilien-Stengel-NB

Après une carrière dans la restauration étoilée Michelin, dans l’audit qualité puis aux fonctions de professeur d’école hôtelière, il est aujourd’hui enseignant-chargé de mission à l’université de Tours au sein de l’Institut des cultures de l’alimentation, chercheur associé à l’université de Tours et l’université de Bourgogne. Il est également auteur de nombreux ouvrages portant sur l’alimentation et la gastronomie.

Nous appelons souvent « bon » ce qui se conforme à ce que désire chacun d’entre nous. Et si le « bon goût », terme à variantes, désignait autre chose ? Quand nous nous demandons « Qu’est-ce qui est bon ? », nous sommes presque inévitablement tentés de répondre : « Le bon, c’est le contraire de ce qui est mauvais. » Soit, mais alors, « Qu’est-ce qui est mauvais ? » pourrait-on rajouter. Ce qui n’est pas bon, donc mauvais, c’est ce qui est contraire aux coutumes et rites alimentaires de la culture dans laquelle on vit.

La définition personnelle de ce qui est « bon » gustativement permet au mangeur, affirmant son jugement personnel, d’élever son identité et son appartenance à une certaine catégorie sociale. On ne saurait limiter le bon goût à un aspect purement personnel sans prendre en compte les interactions socioculturelles, ni à une représentation simplement heureuse, ou à une réalité concrète, absolue ou universelle. Le goût d’un plat, bon ou mauvais, dans une réalité abstraite, est perçu par la pensée subjective. Mais réduire le bon goût à une attente individuelle, conduit inévitablement non seulement à le diviser, à le diversifier, mais aussi à nous diviser sur fond sociétal à propos du bon goût. Si bien que la définition de la qualité alimentaire voire gastronomique devient confuse, au regard de chacun. Chacun ayant des critères propres dans ses attentes alimentaires, esthétiques, gustatives, culturelles et de commensalité, des guises ou caprices issus de son éducation alimentaire, voire des manies individualistes, comment occulter qu’en faisant du bon goût une affaire personnelle, on aboutit à ériger une dégustation unipersonnelle et un plaisir de table solitaire ?