CollectionsEthique & écritureTraces de Faïk Konitza
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Paru le:  09-02-2017

Editeur:  Les éditions Ovadia

Isbn:  978-2-36392-228-1

Ean:  9782363922281

Prix:  20 €

Caractéristiques: 
240 pages

Genre:  Essai

Thème:  Pensées, Récits, Reportages, Biographies

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Traces de Faïk Konitza

Une intelligence libre, le goût de la polémique et du persiflage, l’art de se faire des ennemis et puis, surtout, ce mépris ostensible des faux savants qu’il écrasait de toute son érudition.

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Safet Kryemadhi vit à Bruxelles. Il a précédemment publié chez Ovadia les Balades littéraires en Albanie (2013), Le Voyage en Albanie (2014) et le recueil de Légendes, fables et contes albanais (2015).

Né en 1875, le jeune aristocrate albanais Faïk Konitza s’installe à Bruxelles en 1896 où il fonde et anime la revue « Albania » dont l’aura n’a cessé de grandir depuis plus d’un siècle. L’homme fascine ses contemporains. « Un élégant conspirateur » d’après le journaliste Maurice de Waleffe. « Sa pensée communiait avec ce que l’intelligence européenne possède de plus élevé », précise le diplomate belge Fernand Van Langenhove. Léon Cahun voyait en Konitza « l’un des meilleurs esprits et des plus fermes que je connaisse ». André Salmon décrit « l’un de ces purs (au dernier rang des purs) » tandis qu’Apollinaire n’a cessé de clamer son admiration pour « l’Albanais le plus érudit de l’Europe ». Le jeune Konitza avait fait de la France sa « patrie intellectuelle ». La revue « Albania » qui paraît jusque 1909 en garde la trace. Ces pages pétillent d’esprit polémique et de connaissances sur la question albanaise et des Balkans.

Les morts ont un destin. Celui de Faïk Konitza, décédé le 15 décembre 1942 à Washington, est singulier ; à l’image de son existence. La guerre met hors d’atteinte l’Albanie, pour quelques mois encore sous occupation italienne, au sein d’une Europe dév- astée. Expatrié la plus grande partie de sa vie, Konitza doit poursuivre son exil dans la mort. « L’exilé est un mort sans cadavre, sans sépulture », dit Christian Jacob. Provisoirement, espère-t-on, la terre d’Amérique accueille donc la dépouille de Faïk Konitza, au cours d’une cérémonie de funérailles à Boston où l’on joue Wagner, son com- positeur favori. Ministre du royaume d’Albanie aux Etats-Unis, privé de ses attributions après l’invasion fasciste du pays des aigles le 7 avril 1939, l’homme avait chargé son meilleur rival, l’archevêque orthodoxe Fan Noli, par ailleurs traducteur de Shakespeare, Poe, Cervantès en albanais, de rapa- trier son corps à la fin de la guerre.